Université de Strasbourg – 18 et 19 mai 2026
Sous la responsabilité scientifique de Mélina Douchy-Oudot et Marc Aoun
Le colloque propose une étude approfondie des relations entre justice étatique et justice
ecclésiale dans un contexte européen marqué par le pluralisme et la garantie des droits
fondamentaux. Il s’attache à questionner les notions de compétence et de légitimité du
« pouvoir de juger », à une époque où les communautés religieuses revendiquent une autonomie
à la fois normative et juridictionnelle. À partir d’une mise en perspective théologique et historique
du conflit entre autorité civile et autorité religieuse, éclairée par la tradition biblique, les travaux
examinent d’abord la reconnaissance de l’autonomie religieuse en droit européen, au regard
des principes de neutralité et de liberté religieuse, ainsi que de la jurisprudence des juridictions
européennes. Ils s’intéressent ensuite aux modalités d’exercice du pouvoir juridictionnel au sein
des différentes traditions chrétiennes, en mettant en valeur leurs règles propres et les garanties
procédurales offertes aux justiciables. Ils analysent enfin les limites de ce pouvoir face à l’ordre public
et aux droits fondamentaux, en soulignant le rôle des juridictions civiles nationales dans la protection
des libertés individuelles. Les litiges civils liés aux engagements religieux font apparaître les situations
où la nature du différend appelle l’intervention du juge étatique. Le colloque s’achève sur une réflexion
théologique autour du pouvoir de juger envisagé dans une perspective eschatologique, invitant à
repenser les pratiques juridictionnelles à la lumière de leur dimension transcendante